Quand la forêt impose son rythme : une expédition de primatologues en Amazonie

Du 26 août au 6 septembre, une équipe de primatologues du Proyecto Mono Tocón (PMT) a réalisé une expédition au cœur de la réserve, malgré les difficultés liées aux grèves en Amazonie, au manque de combustible et à des conditions climatiques particulièrement changeantes.

L’un des objectifs était notamment d’atteindre la source de la rivière Romayne, au cœur de la réserve, un secteur riche en biodiversité. Mais après deux jours de navigation, l’équipe a dû faire demi-tour : une sécheresse soudaine avait fortement réduit le niveau de la rivière, rendant la progression presque impossible. Malgré le nettoyage du cours d’eau effectué quelques jours auparavant, les embarcations ne pouvaient avancer qu’au prix de grands efforts, entre troncs et branches qui encombraient la rivière.

(Cebuella niveiventris), l’un des plus petits primates d’Amazonie et classé Vulnérable (VU) par l’UICN. Grâce à l’excellente connaissance du terrain des gardes forestiers, qui suivent cette espèce depuis plusieurs mois, les primatologues ont pu observer trois leoncitos dans un même arbre.

À Maquia, l’équipe a ensuite recherché le huapo negro (Pithecia sp.), également classé Vulnérable (VU). Plusieurs autres primates, dont le singe blanc et le musmuqui, ainsi que d’autres espèces animales, ont également été observées.

Nous attendons maintenant avec impatience le rapport scientifique de l’expédition et les magnifiques images réalisées par l’équipe du Proyecto Mono Tocón.

Cette expédition démontre une fois encore combien la connaissance du terrain et le travail quotidien des gardes forestiers sont essentiels à la recherche et à la conservation de la biodiversité amazonienne.

PREMIÈRE CARTOGRAPHIE DES ESPÈCES D’ABEILLES NATIVES SANS DARD À YANAYACU – MAQUÍA

Les abeilles sont de véritables gardiennes de la biodiversité. Leur rôle de pollinisatrices est fondamental pour le maintien des écosystèmes et constitue un élément clé de la sécurité alimentaire humaine. Consciente de leur importance, une équipe composée de chercheurs d’Amazon Research International et de gardiens forestiers de la Concession de conservation de Yanayacu-Maquía (CCYM) est entrée dans la zone pour réaliser une première étude de référence sur les abeilles indigènes sans dard.

Cette initiative représente un premier pas vers la compréhension, la valorisation et la diffusion de l’extraordinaire richesse de ce groupe d’animaux et vers la compréhension des importants bienfaits écosystémiques qu’ils apportent au maintien des forêts qui s’étendent le long de la rivière Yanayacu.

Les premiers résultats confirment la grande biodiversité présente dans le CCYM. Au total, 27 nids ont été géoréférencés, dont 73 % n’ont pas encore été identifiés avec précision. Ces nids ont été trouvés dans 19 espèces différentes d’arbres et de palmiers, dont certaines sont fortement menacées par l’exploitation forestière illégale.

Au fil des ans, le CCYM a suscité l’intérêt de diverses organisations et de chercheurs désireux d’explorer, de comprendre et de contribuer à la conservation de son extraordinaire biodiversité. Cette fois-ci, l’attention s’est portée sur les abeilles indigènes sans dard : un groupe d’animaux envers lesquels nous avons une dette bien plus grande que nous ne l’imaginons, et dont l’importance demeure largement méconnue du grand public.

Protéger les abeilles, c’est protéger les forêts, la biodiversité et, en fin de compte, notre propre existence. Car nous oublions souvent que notre vie en dépend aussi.

Vue plein écran

🌿 Un privilège auquel très peu de personnes auront la chance d’assister. 🐒

Une troupe de ouakaris chauves à face rouge (Cacajao calvus), une espèce menacée d’extinction, se déplaçant librement de branche en branche dans les forêts de la Concession de Conservation Yanayacu-Maquía.

Leur présence démontre que, lorsqu’une forêt est réellement protégée, la vie s’épanouit.

Préserver cette biodiversité exige une surveillance permanente, un engagement sans faille et d’importants efforts humains et financiers. Mais des moments comme celui-ci nous rappellent que tous ces efforts en valent la peine.

Abeilles natives: gardiennes invisibles de l’Amazonie

Les abeilles natives sont des pollinisatrices essentielles de la forêt amazonienne et des cultures locales, mais leur diversité et leur répartition ne sont pas encore pleinement comprises.

Dans le cadre d’une collaboration avec Amazon Research International (ARI), la Concession de conservation de Yanayacu-Maquía (CCYM) participera au premier programme de cartographie des abeilles indigènes au Pérou, qui combine les connaissances autochtones avec la recherche scientifique.

En juillet, une équipe de l’ARI étudiera 40 nids d’abeilles sans dard déjà localisés par les gardes forestiers du CCYM, qui recevront également une formation aux protocoles de surveillance scientifique.

Les données recueillies contribueront à la recherche sur les effets du changement climatique, les relations entre les abeilles et les arbres qu’elles habitent, et à la création d’un corridor de recherche dédié aux abeilles natives.

Selon Rosa Vásquez Espinoza, biologiste, chimiste et directrice de l’ARI, la forte concentration de nids observée dans une zone restreinte de Yanayacu-Maquía confirme l’importance exceptionnelle de cette concession pour la conservation et l’étude des abeilles natives amazoniennes.

Deux vies sauvées grâce aux antivenins de la Réserve Yanayacu-Maquía

Le travail de conservation comporte de grands défis, l’un d’eux étant les morsures des serpents venimeux qui habitent dans la forêt. Un travail qui oblige les organisations à rechercher des mesures de prévention et à garantir la sécurité en fournissant des médicaments afin d’éviter que les cas de morsures ne s’aggravent.

Pendant des années, heureusement, les gardes forestiers n’ont pas eu besoin d’utiliser le sérum antiofidien. En 2023, un habitant de la communauté Santa Lucía a fait appel à nous pour un sérum après avoir été piqué par un shushupe (Lachesis muta). Immédiatement, la population s’est dirigée vers le garde forestier de la réserve, qui dispose toujours d’une dose de sérum.

Les communautés de Mahuizo, Santa Lucía, Selva et Florida savent qu’elles peuvent compter sur nous pour ce produit. Elles savent également qu’elles ont l’obligation de restituer le sérum afin de pouvoir sauver d’autres vies en cas de besoin, soit en le remboursant, soit en collaborant avec les gardes forestiers dans leurs différentes tâches liées à la conservation de l’aire protégée.

Le mois dernier, Victor Chilicahua, habitant de la communauté Florida, a été piqué par un jergón (Bothrops atrox). Le personnel de santé de la communauté Santa Lucía a parcouru deux heures en bateau pour arriver à temps et administrer l’anti venin. À peine 48 heures plus tard, Victor Segura, de la communauté Santa Lucía, a également été piqué par la même espèce de serpent.

Le jergón est le serpent qui cause le plus de décès dans le bassin amazonien. C’est à l’État péruvien de fournir des antivenins aux villages ; cependant, à des dizaines de kilomètres à la ronde, ce produit est souvent indisponible, ce qui entraîne malheureusement de nombreux décès.

Voilà à quoi servent aussi les donations : à sauver des vies !

Concession de Conservation Yanayacu-Maquia (CCYM) qualfiée par l’ONU

Le 24 février, nous avons célébré une étape très importante : la reconnaissance de la concession de conservation Yanayacu-Maquía comme OMEC par le Ministère de l’Environnement du Pérou. Une OMEC (Autre mesure de conservation efficace )C’ est une reconnaissance internationale définie par la Convention sur la diversité biologique (CDB) de l’ONU. 🌿

Cette reconnaissance met en valeur l’engagement de notre équipe et de nos partenaires qui protègent ce territoire amazonien précieux et son incroyable biodiversité. 🐾🌳

Un pas de plus pour la conservation et pour renforcer les initiatives qui protègent nos forêts et nos rivières.

💚 Nous continuons à travailler pour l’Amazonie !

Nous sommes sur le terrain, pas à la COP30 !

Iván Isuiza, le garde principal de la réserve, rapporte que la barrière flottante installée sur la rivière Romayna depuis à peine deux mois a été fracturée.
Nous avons fait construire une barrière de 12 mètres de large avec des barres métalliques de construction pour empêcher les intrus de pénétrer dans le lac Romayna, un véritable réservoir de faune sauvage.
En permanence, des pêcheurs, chasseurs et bûcherons tentent d’y entrer, mais notre équipe de gardes vérifie chaque jour la barrière flottante. Cette fois-ci, elle a été vandalisée.
Immédiatement, l’équipe des gardes forestiers est partie au lac pour déloger les contrevenants qui venaient de s’installer aux abords du plan d’eau.

Après de longues discussions, ils ont été délogés, non sans difficultés ; ils venaient d’installer leur filet de pêche. Ils affirment avoir mis trois heures, en pleine nuit, pour faire passer leur canoë de l’autre côté de la barrière flottante et avoir investi pas mal d’argent pour arriver jusque-là.
Le problème, c’est que ces contrevenants utilisent souvent des produits chimiques pour aller plus vite, détruisant ainsi l’écosystème aquatique que nous préservons avec tant d’efforts.

Juste après le rapport du garde forestier, je reçois un appel me demandant si je ne suis pas à la COP30 ! Il y a quelques jours encore, on me demandait si je n’étais pas le mois dernier à la Convention sur la Diversité Biologique au Panama.
À cela, je réponds que nous sommes sur le terrain, pas dans les salons et que le peu de moyens que nous avons est consacré aux salaires des gardes forestiers !

Lauréat à l’International au 1% pour la planète

💚 Un immense MERCI à vous tous !
Lors des Rencontres du @1% for the Planet, notre association Biodiversité Amazonienne a eu l’immense honneur d’être lauréate dans la catégorie internationale 🌍
✨ Grâce à votre générosité et avec le soutien de @CaudalieFrance, @fondationekibio, des donateurs de la campagne et du collectif des mécènes @1% for the Planet.
Nous pouvons démarrer la première phase du projet 🌱
Dans quelques mois, nous partagerons en images ce que vos dons ont permis de concrétiser sur le terrain.

Rencontres pour le planète 2025

Venez découvrir notre projet aux Rencontres pour la Planète !

Notre projet a été sélectionné parmi les 40 lauréats des Rencontres pour la Planète 2025, organisées par 1% for the Planet, sur plus de 180 candidatures ! 🥳

📍 Les 7 et 8 octobre prochains à Paris, nous aurons l’honneur de présenter l’ Aguaje  »arbre de vie » devant un public engagé : entreprises membres ou non de 1% for the Planet, fondations et mécènes.

Cet événement phare de la philanthropie environnementale vous offre deux jours pour découvrir les projets associatifs les plus prometteurs, échanger directement avec les porteurs d’initiatives et rencontrer d’autres acteurs engagés.

Votre présence nous serait précieuse. Elle démontrera que des projets comme le nôtre peuvent s’appuyer sur un réseau solide et engagé comme le vôtre. Ce sera aussi l’occasion idéale de rencontrer d’autres philanthropes, d’échanger avec eux et de partager vos engagements.

Inscrivez-vous dès maintenant à cet événement incontournable : https://urlr.me/z3GAq9

Au plaisir de vous y retrouver,

L’équipe de Biodiversité-Amazonienne

La savane inondée

Depuis le mois de décembre, les pluies sont intenses. Les gardes forestiers ont vu l’eau monter peu à peu. Les berges disparaissent, là où accostaient les embarcations et les canoës. Il n’y a plus de terre ferme là où étaient implantées les guérites, et les toilettes sèches sont désormais complètement sous l’eau.
Cet hiver est aussi sévère que celui de 2011-2012, lorsque les hautes eaux étaient restées stagnantes pendant deux mois, entraînant la mort d’une grande partie des 30 000 arbres que nous avions replantés avec les communautés. Mais avec détermination et volonté, nous avons recommencé à reforester quelques mois plus tard.
Nous sommes le 2 avril, et nous espérons que les pluies vont bientôt s’arrêter. Pourtant, les villageois s’attendent à une nouvelle montée des eaux à l’approche de Pâques.

La faune sauvage en paie un lourd tribut. À l’exception des singes, les mammifères tels que les huanganas, les sajinos et les biches sont facilement chassés par les braconniers. Ces animaux, en quête d’un espace de terre ferme pour se reposer, deviennent des proies vulnérables.

Les patrouilles des gardes forestiers se multiplient, mais la savane devient de plus en plus difficile à contrôler. Chaque recoin devient une porte d’entrée pour les infracteurs. Aujourd’hui, l’équipe de six gardes forestiers a constaté que les infractions concernent principalement la faune sauvage, tandis que les infractions pour l’abattage des arbres a diminué.