Depuis le mois de décembre, les pluies sont intenses. Les gardes forestiers ont vu l’eau monter peu à peu. Les berges disparaissent, là où accostaient les embarcations et les canoës. Il n’y a plus de terre ferme là où étaient implantées les guérites, et les toilettes sèches sont désormais complètement sous l’eau.
Cet hiver est aussi sévère que celui de 2011-2012, lorsque les hautes eaux étaient restées stagnantes pendant deux mois, entraînant la mort d’une grande partie des 30 000 arbres que nous avions replantés avec les communautés. Mais avec détermination et volonté, nous avons recommencé à reforester quelques mois plus tard.
Nous sommes le 2 avril, et nous espérons que les pluies vont bientôt s’arrêter. Pourtant, les villageois s’attendent à une nouvelle montée des eaux à l’approche de Pâques.

La faune sauvage en paie un lourd tribut. À l’exception des singes, les mammifères tels que les huanganas, les sajinos et les biches sont facilement chassés par les braconniers. Ces animaux, en quête d’un espace de terre ferme pour se reposer, deviennent des proies vulnérables.

Les patrouilles des gardes forestiers se multiplient, mais la savane devient de plus en plus difficile à contrôler. Chaque recoin devient une porte d’entrée pour les infracteurs. Aujourd’hui, l’équipe de six gardes forestiers a constaté que les infractions concernent principalement la faune sauvage, tandis que les infractions pour l’abattage des arbres a diminué.