Nos actualités

Mai 2021

Activités de sensibilisation réussies auprès des communautés de la concession !

Ce mois-ci, Charlène, Lotty et Steffanny (l’ingénieure forestière d’Envol Vert) se sont rendues au sein de la Concession de Conservation pour réaliser des ateliers de sensibilisation au sein des différentes communautés de la zone. Les ateliers portaient sur le statut et l’importance de la Concession de Conservation Yanayacu Maquia ainsi que sur les services qu’elle rend à l’environnement et la biodiversité.

Malgré des taux de participation inégaux selon les communautés, les ateliers ont globalement été un succès. Les populations semblaient intéressées et impliquées dans le projet. Les enfants et les femmes en particulier, ont su se rendre disponibles pour ces sessions collectives.

En outre, nous avons pu présenter les prochains projets d’agroforesterie et de diversification des cultures que Biodiversité Amazonienne et Envol Vert comptent mettre en œuvre. Les projets ont semblé bien reçus, et les habitants motivés pour participer aux activités de formation et de sensibilisation.

Si Lotty et Charlène ont dû quitter la concession après quelques jours, Steffanny restera sur place afin de continuer le diagnostic socio-économique et agricole de la zone, tout en menant des activités de sensibilisation.

Avril 2021

Un nouveau poste de contrôle et une barrière efficaces pour lutter contre les braconniers

Il y a quelques mois, nous avons lancé la construction d’un quatrième poste de contrôle au sein de la concession. Cette guérite a été placée dans un site stratégie de la rivière Yanayacu : à l’entrée du ruisseau Camungo. En contrebas du checkpoint, nous avions également placé une barrière flottante afin d’empêcher les braconniers d’entrer dans la Concession.

Ce mois-ci, nous sommes retournés sur place pour vérifier l’état de la zone. Résultat, le poste de contrôle et la barrière flottante ont été très efficaces. Aucun braconnier n’a pu passer par là, et les animaux, le poisson et le bois ont pu être protégés de ce côté de la concession !

Nous avons également pu discuter avec les communautés proches de la zone qui ont manifesté leur entrain face à cette nouvelle victoire. Selon elles aussi, la faune sauvage va pouvoir se reproduire en l’absence des braconniers ! Dorénavant, nos équipes continuent de surveiller la zone avec attention.

Mars 2021

Lotty Morey, Présidente de l’association, laureate du prix Terres de Femmes pour son engagement avec l’Amazonie

Nous sommes très fiers de vous annoncer que Lotty Morey, Présidente de l’association Biodiversité Amazonienne, a été récompensée par le prix Terres de Femmes pour son combat en faveur de la préservation de la forêt amazonienne. Les lauréates de ce prix décerné par la Fondation Yves Rocher sont des femmes qui « œuvrent pour la biodiversité et pour changer le monde ».

Une belle vidéo valant mieux que mille mots, nous vous laissons (re-)découvrir le travail de notre association, quelques paysages magnifiques en prime !

Février 2021

Accident dans la lagune d’Ampicocha

Nous publions ce mois-ci une anecdote tirée du carnet de bord de Lotty Morey, présidente de l’association Biodiversité Amazonienne. Car tout n’est pas toujours rose, nous tenions également à vous présenter certaines des difficultés auxquelles peuvent faire face des membres de l’équipe de terrain. Aujourd’hui, nous vous narrons l’histoire de Ivan, garde forestier principal de la concession, qui a fait face à des complications suite à des intempéries.

Ivan, accompagné de 2 assistants, s’est rendu au ruisseau Romayna pour expulser des chasseurs et des bûcherons à la recherche d’arbres d’intérêt commercial qui n’existent plus en dehors de la concession. Une grosse tempête a eu lieu, l’eau du lac s’est agitée et l’embarcation s’est retournée avec le moteur et tout le matériel qu’elle contenait. Ils ont alors été secourus par 3 personnes de la communauté de Floride située sur les rives du lac. Après plusieurs dizaines de minutes, ils ont pu remettre l’embarcation dans le bon sens. Ils ont récupéré le moteur plein d’eau.

Ivan a plongé plusieurs fois pour essayer de récupérer son sac à dos contenant son téléphone portable, des factures, des cartes et autres objets importants. Il était coincé dans un espace du bateau, heureusement resté au sec.

Cependant, il n’a pas pu retrouver le sac contenant du matériel important : pinces, clés, bougies d’allumage et autres équipements qu’il faut transporter pour chaque long voyage. Le personnel s’en est sorti avec quelques hématomes, heureusement sans gravité. Cependant, le moteur était inutilisable. Il a pu être réparé quelques jours plus tard, permettant à Ivan de continuer à dissuader les braconniers qui se trouvaient dans la concession.

Janvier 2021

Lutter contre la pêche intensive

En ce début d’année les équipes de gardes parcs renforcent les outils de vigilance et mettent en place des barrières flottantes aux entrées de la réserve, la plus convoitée est sans aucun doute située dans le secteur Romayna.

Le Romayna est un lieu de reproduction d’arahuana paiche, un poisson endémique dont la taille et le prix attirent de nombreux pêcheurs dans cette zone isolée particulièrement bien préservée. Les poissons y grandissent allègrement el paiche atteigne parfois plus d’1m50. Dans cette zone subsistent encore des arbres souvent centenaires d’espèces qui n’existent malheureusement plus en dehors de la réserve. Le shihuahuaco et l’acajou sont les premières victimes de cette taille intensive et non contrôlée. secteur Romayna.

Cette année la pression sur la zone est plus forte que jamais, la situation économique du pays est affaiblie par la crise sanitaire en cours et de nombreux habitants de la région cherchent des moyens de subsistances. A ce jour plusieurs expéditions de garde parc ont déjà eu lieu pour déloger les infracteurs, toutes avec succès.

Novembre

L’avenir de la forêt repose (aussi) sur les jeunes générations

Ils sont plus de 65 à avoir participé aux après-midi de découverte et de détente proposées par Steffanny autour du thème de la conservation. Les enfants de Mahuizo et Santa Lucia ont pu partager leur ressenti et leur vision des environnements qu’ils côtoient lors d’activités de sensibilisation collective en plein air.

Déjà tout petit ils ont consciences du monde qui les entoure et de leur interdépendance avec la biodiversité présente. Les parents souvent chasseur, pêcheur, agriculteurs ou exploitants forestiers vivent tous de ce que leur offre la forêt. Une relation qui tend parfois à amoindrir les ressources présentes indispensables à la survie des communautés locales.

Au cours de plusieurs après-midi nous avons pu rire et échanger avec eux d’ anecdotes de vie mettant en avant leur relation avec la nature. Un moment de réflexion ludique pour mettre en valeur la richesse de l’environnement exceptionnel de la réserve et l’intérêt économique et sociale que représente sa conservation pour ces villages.

Octobre 2020

Sensibilisation à la conservation

La fin de l’année approche et la pluie s’annonce ; un moment idéal pour sensibiliser les usagers de la réserve à sa conservation et à son utilité pour l’approvisionnement de ressources indispensables à leur bien –être.

Ce mois-ci, plusieurs activités ont été proposées aux 4 communautés bordant la Concession : découverte des alternatives économiques à la conservation, débat autour de la préservation des ressources forestières, animation environnementale à destination des enfants et visites de parcelles pour les agriculteurs visant à valoriser les ressources disponibles. Un programme varié qui a touché environ 70 adultes et 50 enfants et qui a notamment permis la plantation de quatre cents trente arbres en voie d’extinction, dans les écoles ou les parcelles de producteurs intéressés : quinilla colorada (Manilkara bidentata) cedro (Cedrela odorata) cumala colorada (Virola sebifera).

Steffanny (ingénieur forestier) a passé un mois en leur compagnie et retournera l’an prochain pour poursuivre le travail dans une optique de durabilité.

Septembre 2020

Signaler pour mieux informer

L’équipe de gardes parcs a récemment rénové la signalétique à chaque entrée de la concession, un travail conséquent visant à faciliter la surveillance de la zone et informer correctement les  infracteurs.


Armée de peinture et machette, l’équipe locale s’est attelée à la rénovation annuelle des points d’entrées ainsi que des limites de la concession. Un travail répétitif et fastidieux qui se déroule sur plusieurs jours et qui nécessite chaque soir le déploiement de campement sauvage en pleine forêt tropicale afin d’y passer la nuit.

Cette opération indispensable à la surveillance du site est rendue obligatoire par les accords passés avec le gouvernement péruvien et constitue un outil indispensable dans cette zone de plus en plus fréquentée à l’approche de la saison du braconnage.

Dans les années à venir, nous espérons renforcer progressivement les infrastructures pour dissuader toujours plus efficacement les potentiels infracteurs.

Août 2020

A la rescousse des tortues Taricaya !

Pour les tortues Taricaya (Podocnemis unifilis) le mois d’août correspond à la période de ponte. Un moment très attendues par les communautés qui procèdent à leur collecte pour l’autoconsommation ou la vente…parfois de manière excessive. Depuis plusieurs années on observe une baisse des populations, un message suffisamment clair pour les gardes parcs de la concession qui ont déployé cette année 3 plages artificielles afin d’accueillir une dizaine de nid. Nous attendons avec impatience l’éclosion de ces quelques 400 petites protégées afin de les relâcher exactement dans leur site de ponte d’origine. Afin de compléter cette initiative, les gardes parcs participent à la sensibilisation des riverains et des écoles afin de favoriser le changement durable des pratiques.

Anecdote de terrain

“Il était environ 5 heures de l’après-midi, Ivan était assis sur la colline, à quelques mètres de la guérite (Yanayacu) regardant la rivière et il a vu passer quelqu’un dans un bateau qui allait sans doute à Juancito. Ils se saluent et soudain il voit que la personne arrête son moteur et prépare son arme, le ranger lui demande, « qu’est-ce que tu fais? ». La personne lui dit qu’il y a un tigre à environ 30 mètres d’Ivan, on suppose que le tigre allait boire de l’eau mais Ivan ne pouvait pas le voir, il est rentré dans la forêt avant d’être abattu. Le batelier a été surpris de voir qu’Ivan ne courrait pas se cacher et dit, « tu n’as pas peur, tu ne le tues pas ? », A quoi le ranger répond « nous protégeons les tigres ici »  » Extrait du journal de bord de Lotty Morey

Juillet 2020

L’union fait la force : la CCYM rejoint les rangs de l’association AMPA

Ce mois-ci, le projet a rejoint un réseau de Concession de Conservation nationale. L’association AMPA qui fédère de très nombreuses initiatives privées de conservation au Pérou a facilité l’intégration de la CC Yanayacu Maquia auprès du réseau actif dans la région de San Martin. Un excellent moyen d’apprendre ensemble et d’échanger sur leurs initiatives respectives.

Fraichement ouvert, le partenariat a déjà porté ses fruits et Lotty à déjà pu assister à sa première formation collective aux outils numériques de surveillance satellite. C’est AMPA qui a encadré cette formation et permet ainsi à l’ensemble du réseau d’utiliser la plateforme du Global Forest Watch, un outil très performant qui surveille et prévient en temps réel en cas d’éventuelles activités de dégradations de la forêt.

A l’avenir, nous espérons pouvoir également développer conjointement des alternatives économiques durables en lien avec les ressources non ligneuses de la concession. Une étape qui s’annonce clé pour la pérennité du projet.

Plus d’informations sur AMPA et l’évènement qui a eu lieu ici (en espagnol exclusivement).

Juin 2020

Trois pépinières pour la protection d’arbres menacés

Ce mois-ci toute l’équipe de la Concession s’est mobilisée pour la récupération de graines d’arbres en voie d’extinction. En effet, en 2020 un grand programme transversal est mené au Pérou grâce à l’appui du Fond Franklinia pour la protection et la restauration de 5 espèces menacées sur l’ensemble de nos projets sur le territoire national.

Dans la concession, la cumula (Virola surinamensis), l’acajou amer (Cedrela odorata) et l’acajou (Swietenia macrophylla) feront l’objet d’une attention particulière. Trois pépinières ont actuellement vues le jour pour accompagner la croissance des plantules qui viendront reforester des lieux stratégiques au sein des communautés. Une action visant non seulement la restauration de ces espèces dans des zones dégradées mais aussi la sensibilisation des 4 communautés vivant aux abords de la réserve.

L’enthousiasme des équipes pour ce programme a déjà permis son extension et a rapidement intégré de nouvelles espèces également menacées comme le « shihuahuaco » (Dipteryx micrantha et la « quinilla » (Manilkara bidentata).. Deux espèces aux valeurs culturelles particulièrement fortes pour les communautés.

Les plantations se réaliseront à la fin de l’année au moment de la saison des pluies, les photos des pépinières ne nous sont pas encore parvenues du terrain mais nous vous les partagerons dès leur réception.

Mai 2020

La saison sèche arrive !

Avec le changement de saison, et malgré le COVID, il y a de bonnes nouvelles pour la concession. Les risques d’intrusion diminuent, les poissons peuplent les lacs et rivières en quantité, les félins laissent des traces de leur passage, les oiseaux préparent leur nid…c’est paisiblement que la vie reprend son cours après les inondations naturelles dues à la saison des pluies.

Pour l’association cette époque marque normalement un tournant dans les activités quotidiennes. Alors que toute l’attention se focalisait jusqu’alors sur les braconniers, vient le temps d’un travail tourné vers les communautés pour travailler à la sensibilisation environnementale mais aussi à la recherche d’alternatives économiques durables. Cette année un nouveau volet d’action devrait également prendre son envol, et mettre en avant la conservation et la récupération de 4 espèces d’arbres menacés (liste UICN) caoba (Swietenia macrophylla) cedro colorado (Cedrela odorata) cumala (Virola sebifera) quinilla roja ( Manilkara bidentata)

Un travail amplement ralenti par la crise que connait le monde actuellement mais qui n’empêche ni les arbres de produire leurs graines, ni les gardes forestiers de partir à leur recherche pour faciliter la reproduction de ces espèces tant convoitées. Nous espérons que dès le mois prochain les premières pépinières fleuriront aux abords de la concession afin que nous soyons prêts pour les plantations lorsque la pluie fera son grand retour à partir du mois d’octobre. 

Avril 2020

Les bonnes nouvelles face au virus

Alors que le mois commence tristement avec l’annulation de la venue de l’équipe sur le territoire de la Concession Yanayacu-Maquia,  la concession parvient tout de même à tirer du positif de cette situation sanitaire exceptionnelle.

En effet, avec la diminution des activités humaines, la nature semble reprendre légèrement ses droits : Les gardes forestiers ont eu la chance de pouvoir observer beaucoup de dauphins d’eau douce gris et roses depuis le début du confinement. De plus, afin de contrôler le respect de la distanciation social, des autorités surveillent le fleuve et par conséquent la concession. C’est une très bonne nouvelle, surtout en cette fin de saison des pluies.

Aussi, le gouvernement péruvien a mis en place une aide pour les familles précaires de certaines communautés. En effet, les autorités s’étaient engagées a fournir une allocation de 380 soles (environ 100€) et des denrées alimentaires à chaque famille dans le besoin. Malgré les difficultés logistiques rencontrées et surtout grâce aux échanges entre l’équipe interne de la Concession et les autorités régionales, chaque famille des différentes communautés environnantes à la concession ont pu recevoir l’aide allouée.

Voilà qui donne le sourire en ces temps particuliers !

Mars 2020

L’arrivée du Covid-19 au Pérou : les premières inquiétudes

Comme pour beaucoup de pays, le mois de mars a rimé avec l’arrivée du coronavirus sur le territoire péruvien.  La mise en place de l’isolement social paralyse le pays et nos activités.

Par chance pour les riverains limitrophe de la concession, le territoire très isolé,  n’a pas encore permis l’arrivée du virus. Les habitants des communautés locales disposant de conditions de vie précaire n’en restent pas moins inquiets quant à l’approvisionnement en ressource extérieures indispensables à leur quotidien (riz, sucre, savon et autre produits d’hygiène)

Côté activité terrain, un séjour dans la Concession de Conservation Yanayacu-Maquia était prévu pour le mois d’avril afin notamment, de présenter le plan d’action aux communautés locales. En raison de la mise en place du confinement sur l’ensemble du territoire péruvien, la venue de l’équipe dans la concession est pour l’instant annulée mais ce n’est que partie remise.

Communauté de Santa Lucia

Communauté de Mahuizo

Février 2020

Une vigilance de la Concession de Conservation toujours renforcée

La saison des pluies se poursuit en Amazonie, une période qui coïncide malheureusement avec le braconnage et qui n’épargne pas la concession. La surveillance doit encore une fois être renforcée, et c’est pourquoi Ivan, le responsable local, est à la recherche d’un nouveau  gardeforestier pour  porter main forte à l’équipe déjà présent, jour et nuit à l’intrusion dans la  concession.

En effet, ce mois de février est marqué par une nouvelle infraction. Des trafiquants de bois sont entrés dans la Concession pour couper des arbres, qui valent cher sur le marché noir. Heureusement, nos gardes parcs sont toujours vigilants !

Gardeforestier Yanayacu Maquia

Surveillance de la rivière et lac Romayna

27 février : « Dans le ruisseau Camungo, aucun bateau n’a été trouvé, mais trois sentiers ont été repérés en direction d’arbres matures de Capinuri et de Cumala ; selon Ivan, ces arbres ont été sélectionnés pour être abattus pendant ces semaines de monté des eaux. Au retour du Camungo, la commission a décidé de contourner le côté gauche de la lagune Ampicocha pour vérifier la présence d’un bateau infracteur. Il y avait en effet un bateau de pêche.

Ivan estime que des efforts doivent être faits jusqu’à la première moitié du mois d’avril au moins pour surveiller en permanence la zone du Romayna et du Camungo afin de protéger des arbres de grande valeur commerciale sur les rives de ces ruisseaux. Il a été décidé qu’il reviendrait à nouveau dans les prochains jours. » Extrait du journal de bord de Lotty Morey

Janvier 2020

La définition d’un nouveau plan d’action

C’est une année pleine de défis et de nouveautés qui s’ouvre dans la Concession de Conservation Yanayacu-Maquia !

Toute l’équipe du projet a rédigé un nouveau plan d’action pour les trois années à venir. Au programme :

  • Promouvoir la recherche scientifique sur la biodiversité de la concession pour développer les connaissances nécessaires à sa conservation
  • Identifier et mettre en place avec les populations locales des initiatives et alternatives socio-économiques durables pour limiter les pressions sur les ressources naturelles de la zone et améliorer la qualité de vie des populations
  • Assurer la prévention au sein de la concession pour protéger les ressources naturelles et sensibiliser les populations

Un programme ambitieux qui couvre l’ensemble des besoins de la concession et de ses communautés voisines.

Carla et Cécile, nos volontaires, nous ont grandement aidé dans l’élaboration de ce travail. Étudiantes à Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, elles sont là depuis novembre dernier et restent pour 6 mois dans le cadre de leur troisième année à l’étranger.

Décembre 2019

La saison des pluies annonce le retour des braconniers

La fin de l’année est toujours délicate pour la Concession Yanayacu Maquia. Avec l’arrivée de la saison des pluies, les eaux montent et les inondations facilitent l’accessibilité des zones les plus reculées. C’est une période particulièrement attendue par les braconniers qui profitent de cette saison pour repérer des arbres majestueux à des fins de coupe illégales.

Heureusement pour la concession, l’équipe de garde parc veille chaque jour à la protection de cet espace à la biodiversité exceptionnelle. Un travail difficile, voire périlleux dans certains cas.

En cette fin d’année, pas moins de 4 interventions ont été nécessaires afin de déloger des braconniers toujours plus nombreux…vivement la saison sèche qui n’est prévue que pour fin Avril prochain.

« Jour 19: Julian a quitté son poste de contrôle de la rivière Yanayacu pour avertir Ivan qu’il entend du bruit de tronçonneuse du port de Romayna qui suit le ravin sur le côté gauche. Ivan part le lendemain avec 4 personnes et ils trouvent 4 personnes, 1 canoë construit avec des espèces de Catahua de 10 mètres de long plus 2 arbres abattus. Ivan s’identifie, détruit les 2 arbres abattus qui étaient destinés à fabriquer 2 canots supplémentaires, veut récupérer le canoë et les contrevenants ne sont pas partis, ils deviennent agressifs, ils fuient en emportant le canoë. C’est un canoë qui a été construit à base de planches, sa construction est rapide. » Extrait du journal de bord de Lotty Morey.

Octobre 2019

Un accord signé avec une université locale pour recevoir des volontaires

L’UNAP (Université Nationale de l’Amazonie Péruvienne) soutenait informellement le projet de la Concession depuis déjà plusieurs années au travers des études faites dans la tourbière. Ce mois-ci, le partenariat a pris un nouveau tournant et se concrétise par la signature d’un accord pour l’appui aux activités de vigilance et de monitoring de la zone. 

Ainsi, la concession a pu formuler une demande officielle pour la réception de volontaire stagiaire péruviens issus des cursus d’ingénierie forestière et de biologie. Deux spécialités particulièrement importantes pour les gardes parc locaux en recherche de professionnalisation. Pour les étudiants, la concession constitue un terrain d’apprentissage exceptionnel dont de nombreuses richesses restent à découvrir.

Nous sommes à présent dans l’attente des premières candidatures…

Août 2019

Une année de rencontre et d’échange pour la définition de projets socio-économiques viables

Pour la première année d’appui à la Concession, Envol Vert s’est engagé à soutenir les activités quotidiennes de vigilance mais également à encourager la structuration de projets à plus long terme avec les communautés environnantes. Ces projets permettront l’intégration des communautés au sein du projet de conservation, pour les rendre non seulement bénéficiaires mais aussi acteurs de la préservation de la forêt, aussi bien dans la concession que sur les terrains communautaires.

La définition d’un projet socio-economique est le résultat d’un processus qui implique de nombreusesdiscussions ainsi que l’analyse de leurs besoins et attentes des communautés. Il ne s’agit en aucun cas de formuler des projets à leur place mais bien évidemment de trouver des alternatives pour répondre à leurs nécessités et garantir l’appropriation ainsi que la réussite des projets.

Au cours de l’année, plusieurs rencontres ont donc eu lieu, dont une toute particulière qui s’est déroulée lors de la venue de la chercheuse Sylvie Guillerme du CNRS de Toulouse ce mois-ci.  Plusieurs jours de rencontre et de visites ont permis de confronter les visions de l’ensemble des participants et d’affiner le rapport qui sera émis par Envol Vert à la fin de l’année.

La docteur Sylvie Guillerme est spécialisée dans l’analyse des rapports entretenus entre les Hommes et la forêt, un atout indéniable dans la construction ou l’évaluation de nos projets futurs. Nous espérons ainsi que ce partenariat se concrétisera pour permettre la mise en place d’une étude plus complète dans les années à venir. Dans cette attente nous ne manquerons pas de vous informer des évolutions de cette démarche de construction, un premier rapport sera adressé aux communautés dès le mois de Septembre, nous avons hâte d’avoir leur retour.

Juin 2019

La tourbière, un écosystème clé de la réserve

La « tourbière » ? Ce mot vous dit sûrement quelque chose… On vous en dit plus.

La tourbière Maquia, un écosystème spécifique

La Concession de conservation Yanayacu-Maquia, avec une surface totale de 38.699 ha représente environ 4 fois la taille de Paris en pleine Amazonie péruvienne. Au sein de la concession, 7 écosystèmes forestiers sont représentés, dont un particulier, la tourbière.

La surface de la tourbière de la Concession Yanayacu-Maquia est estimée à 7000 ha, soit 15% de la superficie totale de la Concession.

Mais au fait, une tourbière, qu’est-ce que c’est exactement ?

Une tourbière est un écosystème qui se caractérise, en premier lieu, par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile.  Cela prive les micro-organismes (bactéries et champignons) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme. Dans ces conditions asphyxiantes (anaérobiose), la litière végétale ne se minéralise que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

Véritable roche végétale fossile, la tourbe est donc un sol organique issu de la dégradation incomplète de débris végétaux dans un milieu saturé en eau. Elle contient au moins 20 % de carbone (30 % dans le cas de tourbes riches en argiles) et peut s’accumuler sur plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an.

Pourquoi les tourbières sont-elles si importantes à préserver ?

Il est estimé que les tourbières contiennent à elles seules, environ le tiers de tout le carbone contenu dans le sol de la planète… Et les tourbières « tropicales » stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde. Si la tourbière était affectée, les enjeux pour le changement climatique seraient majeurs.

Une tourbière fonctionnelle est donc un écosystème qui a :

  • La capacité d’accumuler du carbone, ce qui atténue les effets du changement climatique
  • De réguler les flux d’eau, ce qui permet d’atténuer les inondations en saisons des pluies
  • De supporter une grande variété d’habitats et d’espèces, source de biodiversité
  • D’accumuler depuis des millénaires la matière organique dans les couches de son sol, et donc de nous raconter le passé.

D’après les communautés rurales vivant dans la zone, plus de 50 espèces végétales provenant de cet écosystème sont utilisées pour la construction, l’alimentation, la médecine, et l’économie formelle. C’est également un refuge pour la biodiversité. En effet, outre les nombreuses espèces de poissons, d’amphibiens, et de reptiles, la tourbière Maquia est composée d’aguajes (Mauritia fluexosa), une espèce d’arbre spécifique de cet écosystème en Amazonie.  Ces arbres produisent des fruits abondants et très nutritifs qui attirent une faune diversifiée et dense comprenant des singes, des tapirs, des pécaris, des agoutis, des aras, etc.

Des alliés terrain de qualité pour la réalisation du suivi scientifique

Depuis 2015, l’Université d’Arizona (Etats-Unis) travaille en collaboration avec la Concession pour l’étude de la tourbière Maquia. Son équipe de scientifiques menée par Hinsby Cadillo, s’intéresse particulièrement à la dynamique des flux de carbone dans le sol et la végétation de la tourbière. En juin 2019, une base forestière a été construite par les éco-gardes et les communautés locales à proximité de la tourbière pour accueillir les équipes de scientifiques lors des études de terrain. Une étude spécifique est prévue en fin juillet 2019 par l’équipe de l’Université d’Arizona appuyée par nos partenaires péruviens de L’Université Nationale d’Amazonie Péruvienne. Les résultats sont à suivre…

Pour approfondir en image, visionnez les micro-reportages enregistrés sur le terrain par nos équipes.

Avril 2019

Lutte contre les braconniers : les interventions s’intensifient pendant la saison des pluies

Après la saison des pluies qui s’intensifie entre Janvier et Mars, l’heure est au constat. Bien que les dégradations dans la zone soient mineures, les interventions des gardes parcs sont en hausse.

En effet, par la montée des eaux les braconniers rodant aux alentours de la concession trouvent de nouvelles entrées et choisissent d’ignorer la signalétique de la zone de protection pour venir tailler des arbres au plus près du périmètre. Il va sans dire qu’après 13 ans de conservation, cette zone n’est pas sans attirer le regard des braconniers assoiffés par l’appât du gain. A mesure que le temps passe, les zones forestières entourant la concession s’appauvrissent, ne faisant qu’accentuer la pression qui s’exerce sur la Concession Yanayacu Maquia et ses nombreuses richesses.

Cette année nous déplorons la perte d’une dizaine d’arbre majestueux lors d’une intrusion particulièrement agressive de plus d’une quinzaine d’individus. Il aura fallu beaucoup de courage et de soutien de la part des gardes parc et membres des communautés pour chasser ce groupe avant que les dégâts ne s’aggravent.

Pour l’équipe interne, le travail ne s’arrête pas là. En effet, la concession dispose d’un devoir de signalement aux autorités régionales, qui nous ont fait l’honneur du déplacement ce mois-ci afin de venir constater les délits commis et nous aider à enrayer ce processus. Il va sans dire que nous espérons leur retour l’an prochain afin d’appuyer nos équipes par anticipation.

Le 31 juillet nous célébrions la journée des gardes forestiers

La journée mondiale des gardes forestiers a lieu chaque année le 31 juillet pour rendre hommage au service des gardes forestiers du monde entier qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions. C’est l’occasion spéciale pour rendre hommage à nos trois gardes forestiers qui participe depuis 2006 à la conservation de la concession de conservation Yanayacu-Maquia.

Nos gardes forestiers font face à des risques croissants en raison de la déforestation illégale. Il est inquiétant de savoir que tous les jours, lorsqu’ils vont au travail, leurs vies sont mises en danger.

Pour se rendre compte de leur dévouement et de leur engagement, nous avons été à la rencontre d’Ivan, garde forestier dans la concession de conservation Yanayacu-Maquia, qui nous relate les faits qui se sont produits la nuit du 13 mai et partage avec nous son quotidien. Voici son témoignage :

« La nuit où le poste de contrôle a été détruit, je me trouvais à 20 minutes de là, à un autre poste de contrôle. Comme nous sommes que trois gardes forestiers pour surveiller presque 40 000 hectares de forêts, il nous est impossible de contrôler tout ce qui se passe. Les bûcherons ont profité de notre absence pour détruire le poste de contrôle, pour la troisième fois consécutive. Ils essaient de nous pousser à bout pour que nous finissions par leur céder le passage dans la concession afin qu’ils puissent couper les arbres qui ont une valeur commerciale. Auparavant les bûcherons n’entraient pas dans notre secteur car plus loin ils pouvaient trouver les arbres qu’ils cherchaient. Maintenant avec la déforestation, les bûcherons remontent toujours plus en direction de la concession pour trouver le bois commercial qui disparaît ailleurs.

Nous devons toujours être extrêmement vigilants et prendre nos précautions quand nous rencontrons des bûcherons. Il arrive qu’ils portent des armes avec eux et certains nous menacent car nous ne les laissons pas couper le bois pour lequel ils pourront retirer de l’argent. Certains me proposent des contreparties pour que je les laisse faire, ils essaient de me corrompre pour de l’argent mais ce n’est pas ma façon de travailler. Je ne veux pas détruire comme beaucoup le font. Je veux continuer à conserver pour l’avenir de mes enfants. Je suis assez inquiet de ce qui s’est passé et j’ai peur qu’ils recommencent mais je ne me démotive pas pour autant. J’espère que nous réussirons à avoir plus de renforts très rapidement afin de continuer à nous battre pour conserver nos forêts. »

Reforestation

En partenariat avec l’association Up2greeen et avec l’appui technique d’Ecocert Environnement, Biodiversité amazonienne a conclu un accord en 2012 pour la réalisation d’une opération de reforestation sur le site de la réserve Yanayacu-Maquia. Ce projet a été lancé grâce à une initiative de compensation volontaire des émissions carbone du groupe Guala Closures Group.

Il a permis, par la replantation de 30 000 arbres, de compenser 5 954 tonnes de CO2 correspondant aux émissions de CO2 générées par le groupe Guala Closures pour la production en 2012 de 500 millions de capsules en aluminium pour le vin.

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