Août 2019 – Une année de rencontre et d’échange pour la définition de projets socio-économiques viables

Pour la première année d’appui à la Concession, Envol Vert s’est engagé à soutenir les activités quotidiennes de vigilance mais également à encourager la structuration de projets à plus long terme avec les communautés environnantes. Ces projets permettront l’intégration des communautés au sein du projet de conservation, pour les rendre non seulement bénéficiaires mais aussi acteurs de la préservation de la forêt, aussi bien dans la concession que sur les terrains communautaires.

La définition d’un projet socio-economique est le résultat d’un processus qui implique de nombreusesdiscussions ainsi que l’analyse de leurs besoins et attentes des communautés. Il ne s’agit en aucun cas de formuler des projets à leur place mais bien évidemment de trouver des alternatives pour répondre à leurs nécessités et garantir l’appropriation ainsi que la réussite des projets.

Au cours de l’année, plusieurs rencontres ont donc eu lieu, dont une toute particulière qui s’est déroulée lors de la venue de la chercheuse Sylvie Guillerme du CNRS de Toulouse ce mois-ci.  Plusieurs jours de rencontre et de visites ont permis de confronter les visions de l’ensemble des participants et d’affiner le rapport qui sera émis par Envol Vert à la fin de l’année.

La docteur Sylvie Guillerme est spécialisée dans l’analyse des rapports entretenus entre les Hommes et la forêt, un atout indéniable dans la construction ou l’évaluation de nos projets futurs. Nous espérons ainsi que ce partenariat se concrétisera pour permettre la mise en place d’une étude plus complète dans les années à venir. Dans cette attente nous ne manquerons pas de vous informer des évolutions de cette démarche de construction, un premier rapport sera adressé aux communautés dès le mois de Septembre, nous avons hâte d’avoir leur retour.

Juin 2019 – La tourbière, un écosystème clé de la réserve

La « tourbière » ? Ce mot vous dit sûrement quelque chose… On vous en dit plus.

La tourbière Maquia, un écosystème spécifique

La Concession de conservation Yanayacu-Maquia, avec une surface totale de 38.699 ha représente environ 4 fois la taille de Paris en pleine Amazonie péruvienne. Au sein de la concession, 7 écosystèmes forestiers sont représentés, dont un particulier, la tourbière.

La surface de la tourbière de la Concession Yanayacu-Maquia est estimée à 7000 ha, soit 15% de la superficie totale de la Concession.

Mais au fait, une tourbière, qu’est-ce que c’est exactement ?

Une tourbière est un écosystème qui se caractérise, en premier lieu, par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile.  Cela prive les micro-organismes (bactéries et champignons) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme. Dans ces conditions asphyxiantes (anaérobiose), la litière végétale ne se minéralise que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

Véritable roche végétale fossile, la tourbe est donc un sol organique issu de la dégradation incomplète de débris végétaux dans un milieu saturé en eau. Elle contient au moins 20 % de carbone (30 % dans le cas de tourbes riches en argiles) et peut s’accumuler sur plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an.

Pourquoi les tourbières sont-elles si importantes à préserver ?

Il est estimé que les tourbières contiennent à elles seules, environ le tiers de tout le carbone contenu dans le sol de la planète… Et les tourbières « tropicales » stockent deux fois plus de carbone que toutes les forêts du monde. Si la tourbière était affectée, les enjeux pour le changement climatique seraient majeurs.

Une tourbière fonctionnelle est donc un écosystème qui a :

  • La capacité d’accumuler du carbone, ce qui atténue les effets du changement climatique
  • De réguler les flux d’eau, ce qui permet d’atténuer les inondations en saisons des pluies
  • De supporter une grande variété d’habitats et d’espèces, source de biodiversité
  • D’accumuler depuis des millénaires la matière organique dans les couches de son sol, et donc de nous raconter le passé.

D’après les communautés rurales vivant dans la zone, plus de 50 espèces végétales provenant de cet écosystème sont utilisées pour la construction, l’alimentation, la médecine, et l’économie formelle. C’est également un refuge pour la biodiversité. En effet, outre les nombreuses espèces de poissons, d’amphibiens, et de reptiles, la tourbière Maquia est composée d’aguajes (Mauritia fluexosa), une espèce d’arbre spécifique de cet écosystème en Amazonie.  Ces arbres produisent des fruits abondants et très nutritifs qui attirent une faune diversifiée et dense comprenant des singes, des tapirs, des pécaris, des agoutis, des aras, etc.

Des alliés terrain de qualité pour la réalisation du suivi scientifique

 Depuis 2015, l’Université d’Arizona (Etats-Unis) travaille en collaboration avec la Concession pour l’étude de la tourbière Maquia. Son équipe de scientifiques menée par Hinsby Cadillo, s’intéresse particulièrement à la dynamique des flux de carbone dans le sol et la végétation de la tourbière. En juin 2019, une base forestière a été construite par les éco-gardes et les communautés locales à proximité de la tourbière pour accueillir les équipes de scientifiques lors des études de terrain. Une étude spécifique est prévue en fin juillet 2019 par l’équipe de l’Université d’Arizona appuyée par nos partenaires péruviens de L’Université Nationale d’Amazonie Péruvienne. Les résultats sont à suivre…

Pour approfondir en image, visionnez les micro-reportages enregistrés sur le terrain par nos équipes.

Avril 2019 – Lutte contre les braconniers : les interventions s’intensifient pendant la saison des pluies

Après la saison des pluies qui s’intensifie entre Janvier et Mars, l’heure est au constat. Bien que les dégradations dans la zone soient mineures, les interventions des gardes parcs sont en hausse.

En effet, par la montée des eaux les braconniers rodant aux alentours de la concession trouvent de nouvelles entrées et choisissent d’ignorer la signalétique de la zone de protection pour venir tailler des arbres au plus près du périmètre. Il va sans dire qu’après 13 ans de conservation, cette zone n’est pas sans attirer le regard des braconniers assoiffés par l’appât du gain. A mesure que le temps passe, les zones forestières entourant la concession s’appauvrissent, ne faisant qu’accentuer la pression qui s’exerce sur la Concession Yanayacu Maquia et ses nombreuses richesses.

Cette année nous déplorons la perte d’une dizaine d’arbre majestueux lors d’une intrusion particulièrement agressive de plus d’une quinzaine d’individus. Il aura fallu beaucoup de courage et de soutien de la part des gardes parc et membres des communautés pour chasser ce groupe avant que les dégâts ne s’aggravent.

Pour l’équipe interne, le travail ne s’arrête pas là. En effet, la concession dispose d’un devoir de signalement aux autorités régionales, qui nous ont fait l’honneur du déplacement ce mois-ci afin de venir constater les délits commis et nous aider à enrayer ce processus. Il va sans dire que nous espérons leur retour l’an prochain afin d’appuyer nos équipes par anticipation.

Le 31 juillet nous célébrions la journée des gardes forestiers

La journée mondiale des gardes forestiers a lieu chaque année le 31 juillet pour rendre hommage au service des gardes forestiers du monde entier qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions. C’est l’occasion spéciale pour rendre hommage à nos trois gardes forestiers qui participe depuis 2006 à la conservation de la concession de conservation Yanayacu-Maquia.

Nos gardes forestiers font face à des risques croissants en raison de la déforestation illégale. Il est inquiétant de savoir que tous les jours, lorsqu’ils vont au travail, leurs vies sont mises en danger. 

Pour se rendre compte de leur dévouement et de leur engagement, nous avons été à la rencontre d’Ivan, garde forestier dans la concession de conservation Yanayacu-Maquia, qui nous relate les faits qui se sont produits la nuit du 13 mai et partage avec nous son quotidien. Voici son témoignage :

« La nuit où le poste de contrôle a été détruit, je me trouvais à 20 minutes de là, à un autre poste de contrôle. Comme nous sommes que trois gardes forestiers pour surveiller presque 40 000 hectares de forêts, il nous est impossible de contrôler tout ce qui se passe. Les bûcherons ont profité de notre absence pour détruire le poste de contrôle, pour la troisième fois consécutive. Ils essaient de nous pousser à bout pour que nous finissions par leur céder le passage dans la concession afin qu’ils puissent couper les arbres qui ont une valeur commerciale. Auparavant les bûcherons n’entraient pas dans notre secteur car plus loin ils pouvaient trouver les arbres qu’ils cherchaient. Maintenant avec la déforestation, les bûcherons remontent toujours plus en direction de la concession pour trouver le bois commercial qui disparaît ailleurs.

Nous devons toujours être extrêmement vigilants et prendre nos précautions quand nous rencontrons des bûcherons. Il arrive qu’ils portent des armes avec eux et certains nous menacent car nous ne les laissons pas couper le bois pour lequel ils pourront retirer de l’argent. Certains me proposent des contreparties pour que je les laisse faire, ils essaient de me corrompre pour de l’argent mais ce n’est pas ma façon de travailler. Je ne veux pas détruire comme beaucoup le font. Je veux continuer à conserver pour l’avenir de mes enfants. Je suis assez inquiet de ce qui s’est passé et j’ai peur qu’ils recommencent mais je ne me démotive pas pour autant. J’espère que nous réussirons à avoir plus de renforts très rapidement afin de continuer à nous battre pour conserver nos forêts. »

Reforestation

En partenariat avec l’association Up2greeen et avec l’appui technique d’Ecocert Environnement, Biodiversité amazonienne a conclu un accord en 2012 pour la réalisation d’une opération de reforestation sur le site de la réserve Yanayacu-Maquia. Ce projet a été lancé grâce à une initiative de compensation volontaire des émissions carbone du groupe Guala Closures Group.

Il a permis, par la replantation de 30 000 arbres, de compenser 5 954 tonnes de CO2 correspondant aux émissions de CO2 générées par le groupe Guala Closures pour la production en 2012 de 500 millions de capsules en aluminium pour le vin.

Plus d’info : http://www.gualaclosures.com/category/sustainabiliti/project/peru-project/